|
Sylvain, originaire du Québec, est frère Capucin. Au cours de la messe dominicale des jeunes volontaires français en l’église Notre Dame du Sacré Cœur à Toronto, il témoigne de sa vocation. « Ma définition de la vocation : c’est répondre, avec la grâce de Dieu, à l’appel à vivre en relation avec lui. Autrement dit, cela ne s’attrape pas comme une grippe. On ne décide pas un matin d’essayer. La vocation correspond au désir de vivre sa vie en faisant quelque chose avec celui qui met en nous ce désir. Je crois qu’il y a autant de vocations que de personnes, car chacun de nous est unique. Et aucune vocation ne peut se targuer d’être La Vocation.
Déjà enfant, je rentrais dans une église et je me sentais chez moi et à ma place. Il y avait un courant qui passait et j’aurais aimé y rester plus longtemps.
De 12 à 17 ans, je fus servant de messe, lecteur,… sans que je ne me sente interpellé par ce que les religieux vivaient. Après tout, au début des années 80, qui avait envie de faire comme ces hommes qui se consacraient à Dieu et aux autres ?
Par la suite, quand j’étais étudiant, je ne connaissais pas d’étudiants qui allaient à la messe. Mais, même si je ne fréquentais pas l’église à cette époque là, je continuais, comme quand j’étais petit, à parler à mon meilleur ami, Dieu.
Après mes études et quelques années de travail comme animateur de sciences naturelles en camp de vacances, j’ai eu la chance de travailler chez les Capucins. Où Dieu ferme une fenêtre, il ouvre une porte ! J’animais alors des soirées sur la faune et la flore à la lumière de la spiritualité franciscaine pour les pèlerins européens. Mes recherches dans la bibliothèque de la communauté m’ont alors donné la chance de découvrir François d’Assise.
Un jour, un pèlerin me demanda : les laudes, qu’est-ce que c’est ? Je ne savais rien sur cette prière du matin. Incapable de répondre, je décidais de m’y rendre dès le lendemain. Ce moment de prière m’a séduit. A partir de ce moment là, je suis allé aux offices du matin avec les frères.
Un jour un frère de la communauté me lance : « La vie religieuse, tu n’y as jamais pensé ? » C’était la première fois qu’on me posait la question ! J’avais alors 27 ans, j’étais trésorier du Lions Club et conseiller municipal. Cette vie me rendait heureux. Mais il me manquait quelque chose que la vie des Capucins m’offrait : le support fraternel, la vie de prière et l’occasion de me découvrir encore davantage comme créature aimée de Dieu. Se laisser interpeller, ça peut faire un peu mal et tout chambouler. Mais cela permet d’aller très loin.
Paix et joie à tous à l’occasion des JMJ et bon été ! »
Sylvain
Le 21 juillet 2002 22/07/2002 Béatrice, Rédactrice JMJ direct |