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L’invitation pressante de saint Paul n’est pas une contrainte, elle exprime l’ardent amour de l’apôtre pour tout homme. L’invitation pressante de saint Paul n’est pas une contrainte, elle exprime l’ardent amour de l’apôtre pour tout homme. Paul a vu en lui-même l’oeuvre stupéfiante de la réconciliation avec Dieu dans le Chirst. C’est en lui que la Lumière de la foi s’est levée, que la vie a jailli.
Pour bien comprendre l’enjeu de la réconciliation avec Dieu, retournons un instant dans l’évangile pour entendre combien le Seigneur annoncait depuis bien longtemps l’oeuvre incomparable de sa miséricorde.
Après l’arrestation de Jean-Baptiste, Jésus sachant que le moment était venu d’accomplir la mission qu’Il a reçue de son Père, se rend en Galilée pour que les Ecritures s’accomplissent. Il donne ainsi un signe à ceux qui connaissent cette prophétie d’Isaïe : « Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Isaïe 8, 23b-9,3
Jésus est bien Lui-même cette lumière qui se lève en Galilée alors qu’Il y vient ; et les premiers rayonnements de cette lumière vont être les enseignements et les multiples guérisons que Jésus va opérer.
Pour apprécier combien les Ecritures continuent aujourd’hui encore de s’accomplir, il nous faut entendre toute la prophétie d’Isaïe : « sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée ».
La Galilée serait-elle donc un pays d’ombre et de mort ? Quand bien-même le pays est aujourd’hui à feu et à sang, ceux qui connaissent la Galilée reconnaîtront qu’il s’agit d’un pays lumineux et plein de vie !
Alors, nous devons chercher plus profondément et comprendre que ce pays sur lequel une lumière s’est levée, n’est pas seulement un espace déterminé de ce monde.
Pour voir cette lumière, il faut consentir à se trouver soi-même dans ce pays de l’ombre et de la mort ! Ne cherchons pas loin où le trouver : il est en nous !
C’est précisément pour cela que Jésus dit : « Convertissez-vous ». Mt 4,12-23
C’est-à-dire « reconnaissez que ce pays d’ombre habite votre coeur ».
Toute la tradition spirituelle atteste ce fait étonnant qu’il faut passer par la nuit pour voir le jour paraître. Pas de nuit plus sombre pour les hommes que celle de leurs péchés. Mais pas de joie plus intense que d’entrer dans la lumière du pardon et de la miséricorde.
Aussi, lorsque le Christ vient, Lui qui est la Lumière du monde, Il opère ces nombreuses guérisons et appelle ses premiers disciples afin que se poursuive après son Ascension le même ministère de la Miséricorde dans les âmes.
La lumière du Christ ne cesse de se lever, parce que, c’est dans l’intime de nous-mêmes que se lève la Lumière lorsque nous faisons la vérité. C’est ainsi que la Lumière resplendit lorsque nous consentons à accueillir la surabondance de l’amour de Dieu pour nous, malgré nos péchés.
La confession de ses péchés, ce n’est pas d’abord un acte extérieur, c’est une descente dans ses propres profondeurs pour y conduire le Christ, Lumière de Miséricorde.
« Le Royaume de Dieu est tout proche », dit Jésus, et de fait il est là tout proche ! Le voir, est toujours possible en entrant dans la vérité sur soi-même. C’est pourquoi Jésus dira encore « on ne dit pas du Royaume qu’il est ici ou qu’il est là, le Royaume est au-dedans de vous ! ».
Chacun peut faire l’expérience de ce jour lumineux qui se lève, de ce jour nouveau à la lumière irradiante, à la clarté incommunicable puisqu’elle se lève en nous, lorsque nous acceptons d’accueillir l’Amour Sans Mesure de Dieu pour nous !
C’est à cette expérience que chacun et chacune de nous est appelé, et que toute personne est appelée.
Le psaume 26 nous apprend à dire : « le Seigneur est ma lumière et mon Salut », et toute crainte est alors chassée, plus d’ombre, plus de mort, mais seulement la joie de se savoir infiniment aimé de Dieu.
On comprend mieux pourquoi saint Paul s’évertue et supplie les chrétiens de Corinthe de ne pas se diviser (1Co1,10-13.17), de ne pas céder à des disputes car c’est de nouveau retourner au pays de l’ombre et de la mort !
Le monde a besoin de paix, entendons-nous partout ! et nous le savons, cette paix passe par le coeur de l’homme qui a besoin de la lumière de la miséricorde ! Le Pape ne cesse de le redire comme saint Paul autrefois. Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon !
La conversion de son coeur est un appel à la miséricorde divine. Qu’est ce que la conversion du coeur sinon l’humble et confiante espérance de trouver grâce et miséricorde auprès de Dieu ?
Le coeur qui ne se convertit pas n’attend rien de Dieu et ne rencontrera pas la miséricorde qu’il n’espère pas !
C’est à la fois simple et redoutable ; mais Dieu ne peut se contredire Lui-même : Il veut donner sa miséricorde, mais ne peut forcer personne à la recevoir. C’est à nous de la désirer ! C’est cela se convertir ! et pour vouloir la miséricorde, il faut humblement reconnaître son péché.
Produire des fruits de conversions, cela ne consiste pas tant à se charger de résolutions dont on s’accable, avec le risque de ne pas les honorer, mais à se remettre totalement à la miséricorde de Dieu en lui remettant nos vies. 26/07/2002 Père Laurent Stalla-Bourdillon, JMJ direct |